3 PARCOURS D'IMMIGRATION

Parcours de Leke, le Camerounais

        Leke est originaire de Douala. Il a 25 ans. Il a quitté son pays en 2014 comme « aventurier », c’est-à-dire qu’il est parti de son pays pour rejoindre l’Europe et tenter de mieux réussir sa vie. Il a pris plusieurs mois pour traverser le Tchad puis la Libye. Il a passé près de deux ans en Libye car il a été racketté plusieurs fois. Il est d’abord resté dans le Sud puis à Sabratah (côte nord) d’où il a organisé son convoi vers l’Italie. Pour financer ce voyage, il a travaillé un an sur un chantier. Il a réussi à ne pas se faire voler son argent en cousant ses liasses de billet dans les étiquettes de ses habits. Il a été emprisonné pendant plusieurs semaines et a risqué sa vie à de nombreuses reprises en Libye. Arrivé en Italie après quelques jours de traversée, il est arrivé à Lampedusa en Italie.

 

Il a rejoint un hot spot où son empreinte a été prise par les autorités italiennes. Après 3 à 4 mois, il a pu rejoindre l'Italie continentale et a organisé son voyage pour rejoindre des connaissances à Paris. Arrivé à Paris, il a été hébergé par un jeune camerounais dans l’Essonne (91) quelques semaines puis a rejoint une cousine en Seine Saint Denis (93). Il n’a pas pu rester chez elle car elle avait un hébergement trop étroit. Suivant les conseils de proches, il a décidé de demander l’asile. Une autorité lui aurait demandé, pour décharger la région de rejoindre une petite ville de province, raison pour laquelle il serait retrouvé à Gelos, près de Pau au mois d’octobre 2016 avec 3 autres camerounais. Ayant le statut de demandeur d’asile, il a été logé par la ville de Pau avec 4 autres demandeurs d’asile. Il est suivi par une assistante sociale qui semble découvrir avec lui le parcours administratif des étrangers. Ce n’est qu’en septembre 2017 qu’il a pu réellement faire sa demande d’asile auprès de l’OFPRA où il a été convoqué pour être entendu en Février 2018. La réponse étant négative, il est convoqué le 16 avril devant la CNDA. Un avocat, désigné d’office, qu’il rencontrera probablement quelques heures avant son audition, tentera de défendre sa cause en face de la CNDA. En espérant une réponse négative, Leonel « traine » à Pau depuis… 17 longs mois


Parcours de Bakur, l'Afgan

     A 42 ans, Il quitte l’Afghanistan en 2005 et traverse le continent (Iran, Turquie, Bulgarie, Roumanie, Slovaquie, République Tchèque, Allemagne) puis France en 2006. Il entame dès son arrivée une demande d’asile. Son frère travaillant dans une entreprise américaine, il se dit persécuté par les Talibans et plusieurs membres de sa famille ont été tués ou violentés avant son départ. Après des longs mois de démarches, il est débouté du droit d’asile en 2007. Il décide de rester à Paris en fréquentant d’autres Afghans et effectuant de temps en temps des petits boulots. Il passe plusieurs mois à la rue (une dizaine à différentes périodes). En 2017, il fait une demande de titre de séjour pour 10 ans de présence auprès de la préfecture de Paris. Depuis 1 en ou 2, ce titre de séjour n’est plus délivré de plein droit mais nécessite la constitution d’un dossier solide (preuves administratives tous les 2,3 mois durant 10 ans) et d’un accompagnement associatif (type Cimade), ce dont il n’a pas bénéficié. Il obtient un refus avec une OQTF (Obligation de quitter le territoire). Il décide de mettre fin à ses jours quelques jours après la réponse négative de la préfecture. En mars 2017, il se jette sous le RER A, ce qui ne le tue pas mais lui fait perdre une jambe. Après dix mois d’hospitalisation et de rééducation, il espère obtenir un titre de séjour « grâce » à son handicap. Or, il existe un titre de séjour pour les étrangers gravement malades mais pas pour les étrangers handicapés. Pour que Monsieur obtienne un titre de séjour pour soins, il doit réussir à prouver qu’il souffre d’une maladie mentale, comme une dépression forte par exemple… une dépression qui l’aurait poussé à vouloir mettre fin à ses jours. Mais cet acte, l’a-t-il posé à cause de la folie ou plutôt en plein état de lucidité ? Affaire à suivre…


Parcours de Sladis, le Géorgien

    Sladis est arrivé en France en mai 2015 avec un visa touristique. Il a de la famille en France. Selon son histoire, il a été persécuté par la police et par des groupes criminels sur place à cause d’une histoire de commerce illicite. Il ne savait pas qu’il vendait de la viande avariée. Il a fait une demande d’asile dès son arrivée en France qu’il n’a pas obtenu. Au mieux, il aurait pu bénéficier d’une protection subsidiaire s’il avait réussi à prouver que les risques qu’il encourait s’il retournait dans son pays étaient disproportionnés. Mais son récit n’a pas convaincu les différentes autorités compétentes OFPRA + CNDA). Par chance, il a pu travailler pendant plusieurs mois dans une entreprise familiale de bâtiment avec une fasse carte de séjour. Il a obtenu suffisamment de fiches de paye ainsi qu’une promesse d’embauche pour pouvoir déposer une demande de titre de séjour salarié (+ un certificat de concordance pour les deux noms différentes). Il a obtenu une carte salarié de 1 an en janvier 2017. La boite de bâtiment ayant fermé, il n’a pas pu renouveler son titre de séjour et est actuellement en situation irrégulière. Il vit actuellement avec une française et espère obtenir un moyen de se régulariser suite à leur mariage… si les choses se passent bien….